[Critique] « American Sniper » (2014)

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Source : https://youtu.be/99k3u9ay1gs

Clint Eastwood s’oriente dans les années 2000 vers les films « patriotiques », à l’image de « Lettres d’Iwo Jima », frère de « Mémoires de nos pères » (2006). Mais ce film-là est bien différent. Il s’inscrit dans une (longue) lignée de films de guerre relatifs à la « War on Terror » et aux rapports des Etats-Unis avec celle-ci:

  • « Dans la vallée d’Elah » (2007)
  • « Battle for Haditha » (2008)
  • « Brothers » (2009)
  • « Fair game » (2010)
  • « Green zone » (2010)
  • « Démineurs » (2010)
  • « Zero Dark Thirty » (2012)
  • « Hell and back again » (2011), etc.

La plupart de ces longs-métrages abordent deux thématiques : ce que font les fils américains là-bas (autrement dit, pourquoi ils meurent dans une guerre de plus en plus impopulaire) et surtout leur retour au pays avec les conséquences que la guerre a sur eux.

Ici, Clint Eastwood s’intéresse à la vie du sniper le plus « titré » de l’Histoire de l’armée américaine : Chris Kyle, membre des Navy Seal. Eduqué dans une famille patriotique, Kyle part pour l’Irak à plusieurs reprises : sentant comme un devoir d’y retourner pour ses frères d’armes, il y fait 4 rotations, plus que la plupart des  soldats. Entre ces rotations, il essaie de reprendre une vie normale en construisant une famille. De manière intéressante, chacune de ces deux phases – sur le terrain et au bercail – se rapproche soit de « Brothers » (les conséquences psychologiques de la guerre sur le retour à la vie normale) soit de « Démineurs » (où le spectateur se trouve dans l’action, les deux films ayant une manière de tourner apparentée). Bradley Cooper et Sienna Miller excellent dans leur jeu dans le rôle d’une famille américaine moyenne.

Mais ce sont surtout les scènes de combat, très poignantes, qui donnent au film sa qualité. Le réalisme est tel que l’on a l’impression d’un reportage, proche de l’action. Un accent semble avoir été porté quant au réalisme du matériel. La caméra privilégie les plans rapprochés, sous tous les angles, ce qui ne laisse que peu de marge d’erreur aux acteurs. Bradley Cooper, qui jouait jusqu’en 2011 des rôles de playboy très creux, poursuit des rôles dans lequel il excelle, des rôles plus dramatiques comme on a pu le voir dans « Happiness Therapy » ou « American Bluff ». Le « beau gosse » a troqué ses costumes pour le rôle d’un soldat dans lequel il est très crédible et plus sérieux.

Deux reproches peuvent être cependant faits. Tout d’abord, le film se veut avant tout « patriotique ». Le courage des américains est donc surfait, l’accent est porté sur l’importance et le côté juste de leur intervention et le manichéisme gentils/méchants est bien présent. Ensuite, l’accent porté sur les périodes de rotation du héros sur le terrain (et donc les scènes de combat) laisse peu de place à l’aspect « psychologique » du soldat du retour au pays. Cet aspect, très présent dans les scènes de bataille, est un peu abordé progressivement mais il aurait pu être plus exploré – comme cela a été fait dans « brothers » – par exemple dans les relations entre Chris avec son plus jeune frère ou avec ses parents. C’est surtout la construction du couple et de la famille qui est mise en avant.

En résumé, « American sniper » est un très bon film, très prenant et réaliste, mais qui ne semble pas porter la « patte Spielberg » qui faisait des derniers films du réalisateur des chefs-d’œuvre. Son aspect patriotique a semble-t-il séduit le cinéma américain, si l’on en croit les Golden globes et Oscars qu’il a remportés.

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