[Critique] « Chappie » (2015)

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Source : https://youtu.be/l6bmTNadhJE

Neil Blomkamp est quelqu’un que l’on pourrait qualifier d’OVNI dans le cinéma. Bien que tous ses films soient des films de science-fiction, ils sont tous très différents même si l’Afrique du Sud est une constante. En 2009, Blompkamp se fait connaître avec « District 9″, dans lequel les humains ont parqué les extraterrestres dans des ghettos. Dans « Elysium » (2013), il est question d’un thème classique réactualisé dans l’espace : l’opposition et la ghettoisation (encore ce thème) entre les riches et les pauvres, la tyrannie des premiers sur les seconds et l’injustice. Ici, il traite d’un thème récurrent dans la science-fiction : le robot capable de penser par lui-même.

Ici, il est question d’un monde où Johannesburg est en proie à la criminalité qui y règne en maître. Le gouvernement, dépassé par cette situation et afin de réduire les pertes humaines, décide de mettre en place une police robotisée. Malgré un certain retour à l’ordre, la population commence à se rebeller. L’un de ces droÏdes policiers est capturé par une bande de malfrats, qui décident de le reprogrammer pour les aider dans leurs actions. Reprogrammé, Chappie devient le premier robot capable de penser par lui-même, un robot donc le comportement peut s’apparenter à un enfant. Mais la société qui a produit le robot, ainsi qu’un ingénieur jaloux, voient en Chappie une menace pour l’humanité et l’ordre établi. Elles vont tout faire pour le détruire.

Le film est très éloigné des films de SF où l’on trouve le thème de l’intelligence artificielle : le seul poitn commun est la notion de bien et du mal. Mais la nouveauté réside dans la particularité de Chappie : sa capacité à apprendre. De là découle toute une série de questionnements que le réalisateur pose sur la société : ce qui est bien et ce qui est mal, la capacité des humains aussi bien à créer qu’à détruire, les éléments essentiels d’une éducation et surtout comment cette éducation va déterminer la personnalité, malgré l’existence du libre-arbitre. Chappie est confronté à tout cela. En plaçant un robot comme héros, Neil Blomkamp nous offre la vision qu’un regard extérieur peut avoir sur notre société humaine, aussi bien sous ses coutures globales que précises (comme les objets les plus banals). En choississant ce point de vue, le réalisateur nous offre un peu de réflexion sur la société. Le film explore aussi un vieux thème, celui de l’immortalité, et en suggère un nouveau : l’humanocentrisme (l’humain est-il  meilleur et la race de référence?). Le dernier thème, omniprésent, est celui de l’identité et de la différence : en étant blessé et réparé, rapidement, Chappie est différencié de ses semblables par des composants rouges, reflet physique de ses différences de comportement, et son créateur lui montre qu’il est le mouton noir.

On appréciera la réalisation des effets spéciaux : on serait amené à croire que, dans un futur proche, des robots similaires existeront. La trame est bien ficelée, et on apprécie l’entre-coupage de périodes plus calmes dédiées à la réflexion dans ce film d’action qui n’en est pas vraiment un.

Si « Chappie » n’est certainement pas le film de l’année, il est très agréable à voir et surprend par son scénario et l’exploration de thèmes inattendus.

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