[Critique] Deadpool (2016)

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Source : https://youtu.be/qFTSfxVWxMg

Il y a les héros et les anti-héros. Marvel, surfant sur les succès de plus en plus importants de ses films ces dernières années, s’est lancé dans une guerre effrénée avec son rival DC Comics. Et pas moins d’une petite dizaine de films sont prévus entre 2015 et 2019 dans le cadre de sa phase 3, phase qui inclus deux types de films : les suites ou cross over comme les Avengers, et quelques films où de nouveaux héros sont présentés. Or c’est ce qui peut faire toute la différence entre ce qui peut être un bon film ou tout simplement un blockbuster destiné à remplir les caisses. Deadpool fait partie de la première catégorie. Tout comme “Ant-Men” et “les Gardiens de la Galaxie”, il explore les facettes d’un seul héros en présentant son histoire, ce qui rend particulièrement intéressant un film de super-héros.

Wade Wilson est orphelin dès 5 ans. Très tôt, il travaille en tant qu’assassin pour une cellule secrète de la CIA. Lorsqu’on lui diagnostique plusieurs cancers et se sentant condamné, il accepte de service de cobaye à un projet secret, l’ « Arme X ». Mais l’expérience échoue, et il sert alors de cobaye humain à un professeur qui le dote d’un pouvoir d’auto guérison. Si la greffe réussit, en revanche elle détruisit sa peau qui prend un aspect rongé et craquelé. Après s’être évadé, il devient un mercenaire indépendant ne ressentant plus la douleur.

Le réalisateur Tim Miller s’est fait connaître avec le surprenant Scott Pilgrim vs. the World. Ce film présentait un jeune adolescent peu sûr de lui, qui allait s’affirmer dans sa vie comme s’il s’agissait d’un jeu vidéo dont il serait le héros. Si le scénario n’était pas transcendant, l’intérêt du film était d’apporter une esthétique directement inspirée des comics. Il revient cette année en soutenant le projet de Ryan Renolds pour ce film sortant des canons habituels des héros marvels, et surtout un des seuls films de super-héros classé « R » (interdit au moins de 17 ans non accompagnés) avec Watchmen (2009).

Le résultat est surprenant. En disposant d’une assez grande liberté et en utilisant un certain culot, Ryan Renolds et le réalisateur ont accouché d’un film d’anti-héros. Et pourtant, l’acteur avoue avoir attendu 10 ans pour pouvoir faire un tel film au sein d’Hollywood (entendez : avec une telle violence). Or, c’est pourtant cette violence (qui n’est pas non plus extrême, il faut l’avouer, du moins dans la version française : à un moment donné, cette violence est masquée délibérément) qui fait l’un des atouts du film. Couplée avec un choix scénaristique particulier (Deadpool a le double rôle d’acteur et de narrateur, puisqu’il s’adresse parfois directement au spectateur pour raconter l’histoire), elle donne au film un ton qui lui est propre, assez libre. Deadpool pose ainsi le décor dès le début : « ceci n’est pas un film de gentils ». Voilà qui remet en question certains canons ou habitudes du cinéma. Le troisième atout du film n’est autre que ses scènes d’actions : la manière de filmer, couplée avec les réflexions sarcastiques du personnage, donne quelque chose d’assez jouissif. Par contre, certains feront peut-être une overdose des images au ralenti.

Le film aurait également gagné à approfondir le personnage. Si la vie de Wade Wilson avant et après son changement est bien présentée, en revanche la part belle du film est faite à l’action. Si l’on sait que le choix de la mutation pour Wade Wilson se trouve dans ses tumeurs incurables, on a l’impression que ce choix est l’évidence même pour Wade. La transformation arrive donc assez (trop?) vite dans le scénario.

Voici donc le genre de film de super-héros que l’on aimerait voir plus au cinéma, bousculant les idées reçues.

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