[Critique] « Drive » (2011)

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(Source : https://www.youtube.com/watch?v=KBiOF3y1W0Y)

Ryan Gosling à travaillé deux fois avec Nicolas Winding Refn, dans « Drive » (2011) et « Only god forgives » (2013). Ici, il joue le rôle de « The driver », un homme dont la vie tourne autour de voitures : cascadeur à Hollywood le jour, il fait le chauffeur pour des truands la nuit. Ultra professionnel et peu bavard, il se tient à son propre code de conduite : conduire ses employeurs mais ne jamais s’impliquer plus dans leurs crimes. Shannon, le manager qui lui décroche ses contrats, propose à Bernie Rose, un malfrat notoire, d’invertir dans une voiture de course pour que son poulain puisse entrer dans les championnats professionnels des stock-cars. Celui-ci accepte tout en imposant son associé, Nino, dans le projet. Le jeune pilote croise la route d’Irène et de son jeune fils: pour la première fois de sa vie, il n’est plus seul. Lorsque le mari d’Irène sort de prison et se retrouve enrôlé de force dans un braquage pour s’acquitter d’une dette envers un ancien co-détenu, il décide d’enfreindre son code d’honneur pour lui venir en aide. Mais l’expédition tourne mal. Afin de sauver Irène et son fils et la sienne, il n’a d’autre choix que de les traquer un à un.

D’emblée, le film arbore une atmosphère particulière, calquée sur le personnage de « The driver » : bien que ce film soit un film de voitures, on y entend très peu le bruit des moteurs, qui est remplacé par une musique douce. Ces nombreuses scènes alternent avec les scènes de rencontres entre les personnages, toutes aussi calmes. Mais le personnage de « The driver » arbore un calme plus apparent que réel, et le spectateur se demande quand et comment il va exploser. Cette atmosphère est également créée par la manière de tourner : lors de ses courses nocturnes, « The Driver » joue au chat et à la souris avec les lumières de la ville, passant de l’ombre à la lumière et vice-versa. Mais « The driver » n’est pas le seul personnage à participer de la sorte à cette ambiance, puisque celui d’Irène arbore un calme constant. Toute ce calme détonne avec le fond sur lequel repose l’histoire du film, celui d’une violence et d’une opposition entre mafieux, et il contribue à ce que le spectateur s’attache à ces deux personnages qui parlent peu. On en viendrait même à se demander de quel genre est exactement ce film : un drame, un film d’action?

C’est surtout la manière de filmer et la composition des plans qui donne à ce film toute sa force et sa puissance. Dans la première partie du film où « The driver » est seul, les plans sont réalisés la plupart du temps par le procédé du travelling (la caméra se déplacant au cours de la prise de vue, suivant le sujet parallèlement à son mouvement) à l’extérieur de la voiture, ou encore à l’intérieur de la voiture, ce qui pousse le spectateur à s’attacher au personnage. « The driver » n’est jamais au milieu de l’écran mais dans l’une des parties du « système quadrant », par lequel des lignes perpendiculaires opposent soit le haut et le bas de l’écran, soit la droite et la gauche, soit le haut à gauche et le bas à droite, etc. Dès lors, l’œil du spectateur est constamment attiré là où le réalisateur veut l’amener. La suite du film accentue encore plus ce mouvement : dans des scènes qui se passent de plus en plus souvent hors de la voiture, les oppositions entre les protagonistes sont souvent filmés avec ce même « système quadrant ».

Le dernier élément qui confère à ce film sa qualité n’est autre que le jeu des deux acteurs principaux : « The driver » (Ryan Gosling) et Carey Mulligan (Irène). Le calme qui règne sur le film rend d’autant leur jeu d’acteur plus exigeant puisque tout est centré sur eux dans la quasi totalité des scènes – un défi qu’ils relèvent haut la main.

Le scénario est, lui aussi, de qualité, même si ce genre de film met plus en avant les personnages et les scènes que le scénario.

« Drive » est donc un film à conseiller sans modération, même si les scènes calmes pourront faire dire à certains que le film est peut-être lent ou peu accrocheur.

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