[Critique] « Premier contact » (2016)

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(Source : https://youtu.be/CPTP-pJqhoI)

Denis Villeneuve a marqué le paysage cinématographique par son style très marqué, avec « Prisoners » (2013), « Ennemy » (2014) et « Sicario » (2015). Dans ses film aux thématiques principales visiblement variées, certains thèmes reviennent tels des leitmotivs : les relations humaines et l’humain en lui-même. Pour ce premier film de science-fiction, il montre la venue de vaisseaux extraterrestres sur terre. Une équipe d’experts et alors rassemblée sous la direction de la linguiste Louise Banks afin de tenter de comprendre leurs intentions. Il nous livre ici une véritable « claque » cinématographique.

Et ce, au niveau des plans et du scénario. Le film prend le contre-pied total des films traitant du même sujet : le scénario fait un choix très judicieux, celui de laisser les vaisseaux atterrir sans que ses occupants ne se montrent, et ainsi d’envoyer une linguiste, Louise, dont la perception des évènements prévaudra. Cela permet d’apporter plusieurs niveaux :

- Nous n’allons pas apprendre les nouvelles des nouveaux évènements par le biais des réactions d’une pluralité de terriens ou des politiciens (comme c’est le cas habituellement), mais par celles d’une seule personne, qui plus est d’une femme : Louise. Car même si elle est accompagnée du scientifique Ian Donnelly, son jugement est clairement placé au premier plan. C’est donc les impressions et le jugement de cette linguiste qui vont nous transparaître en majorité ; ce jugement bienveillant est d’ailleurs opposé à celui de militaires américains certes attentistes mais qui n’hésiteront pas à recourir à l’arme si nécessaire, et encore plus celui des russes, présentés comme belliqueux par crainte de ces nouveaux arrivants. Le fait, en outre, de choisir une linguiste, permet d’axer toute l’intrigue du film sur une seule question, ô combien essentielle : que désirent ces extraterrestres, comment arriver à dialoguer avec eux pour obtenir cette information et comment leur poser la question sans les brusquer ? Ceci soulève d’autres questions : quel langage choisir, comment bien le définir pour éviter toute incompréhension ? C’est là toute la force du film : s’intéresser à un langage universel et aux nuances qui existent dans toutes les langues.

- Le réalisateur nous montre ce qui fait de nous des individus : notre histoire, avec ses épreuves. Car Louise est hantée par un traumatisme qui influence son comportement et son jugement dans le dialogue avec ces êtres venus d’ailleurs.

- En se concentrant sur cette personne, le réalisateur nous ramène à des questions essentielles face à un tel évènement : comment nous définissons-nous, humains ? ; comment réagirions-nous face à un tel évènement : de manière unie ou divisée ?

Même si le film permet de présenter le point de vue de quelques autres nations – une avancée pourtant notable en comparaison à des films du genre où les Américains se proclament portes-paroles des terriens, il pèche cependant dans la représentation des nations terrestres, celles-ci étant restreintes aux 8 principales grandes nations, et surtout la nation américaine, qui prend grandement le pas sur les autres.

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